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De la concertation à l’aménagement : construire la future Cité FSH à Dakar avec ses habitant·es

Fiche technique

Ressources

À Dakar, des choix stratégiques ont été faits dans le cadre de la construction des futurs logements de la Cité FSH, ainsi que pour le volet d’aménagement de la pépinière communautaire.

Construire des logements ne consiste pas seulement à bâtir des maisons. C’est aussi penser les espaces qui les entourent, leurs usages, leur gestion et les conditions qui permettront à une communauté de s’y retrouver et d’y vivre dans la durée. À Dakar, la future Cité FSH prend progressivement forme autour de cette vision.

Du 21 au 26 juin 2026, Bénédicte Hinschberger, responsable de projets à urbaMonde France, et Régis Kacou, chargé de projets à urbaMonde Suisse, se sont rendu·es à Dakar pour une mission de suivi auprès d’urbaSEN et de la Fédération Sénégalaise des Habitants (FSH). La mission a permis d’amorcer des réflexions sur plusieurs volets du projet, de suivre l’avancée de la pépinière communautaire et de préparer les prochaines étapes de la construction de la cité.

Elle a surtout constitué un temps important pour faire le lien entre les idées exprimées par les habitantes et leur traduction concrète dans l’aménagement de leur futur quartier.

Faire de la participation un outil concret d’aménagement

Explication de la proposition de CoopTerre par Mballo Thiam, agronome en appui au projet de pépinière communautaire

Le 4 mai 2026, CoopTerre avait accompagné un atelier de concertation réunissant les participantes autour des futurs espaces verts de la cité. L’objectif était de réfléchir collectivement à leurs usages : quels espaces pour se rencontrer, jouer, jardiner, se reposer ou organiser des activités communautaires ? Quelle place donner aux arbres et à la végétation ? Comment faire de ces espaces des lieux adaptés au climat local et aux besoins des habitant·es ?

Quelques semaines plus tard, la mission de juin a permis de revenir vers les participantes avec une première traduction spatiale de ces propositions.

Cette restitution ne s’est donc pas limitée à la présentation des résultats de l’atelier. Elle a permis de mettre en discussion les choix d’aménagement et de végétalisation et de vérifier leur cohérence avec les usages imaginés collectivement.

Les différentes composantes de la future pépinière se sont ainsi précisées. L’espace sera multifonctionnel, à la fois convivial, pédagogique, récréatif et écologique. À son entrée,  une cuisine communautaire, ainsi qu’un espace de rencontre, pourront favoriser les échanges et la convivialité entre habitant·es. Le jardin offrira un espace de fraîcheur et d’éducation environnementale pour les enfants et les familles. Les ruelles pourront accueillir des plantations et des zones ombragées, tout en restant des espaces adaptés aux fonctions du quotidien.

Au centre de la cité, un espace sera consacré aux rassemblements communautaires et aux cérémonies. Les cours des maisons pourront également accueillir des microjardins ainsi que des arbres fruitiers ou d’ombrage.

L’enjeu est de faire des espaces communs une véritable composante de l’habitat, et non un simple aménagement autour des logements.

Des espaces pensés pour le climat et les usages

Premières plantations dans la pépinière communautaire en mai 2026

La végétalisation occupe une place importante dans cette réflexion. À partir des contributions des habitantes et des recommandations techniques de l’IREF (Institut Régional des Eaux et Forêts de Thiès), CoopTerre a proposé différentes essences et modalités de plantation répondant à plusieurs objectifs : créer de l’ombre, produire des fruits, favoriser la biodiversité, offrir des supports pédagogiques et renforcer la résilience du site face aux conditions climatiques.

Les échanges ont également porté sur la gestion des eaux pluviales. L’intégration de noues le long des ruelles est notamment envisagée afin de récupérer et de valoriser l’eau de pluie pour l’arrosage des plantations.

Cette approche permet de relier plusieurs dimensions du projet : l’aménagement, le confort des habitant·es, la gestion des ressources naturelles et l’adaptation au climat. Elle montre aussi que les choix techniques peuvent être discutés avec les futur·es usagèr·es des espaces.

Pour les participantes, ces aménagements représentent bien davantage qu’un simple projet paysager. Ils doivent contribuer à créer des lieux où l’on peut se rencontrer, transmettre des savoirs, développer des activités et faire vivre une dynamique collective.

Construire les premiers logements, préparer la future cité

Pendant la mission, le travail s’est également poursuivi sur les premiers logements de la future Cité FSH. Les équipes d’urbaSEN, de la FSH et d’urbaMonde ont fait le point sur les conditions nécessaires au lancement de la construction d’un premier lot de 15 logements.

Plusieurs tâches techniques doivent encore être consolidées, et des décisions doivent être prises concernant les plans, les matériaux et l’organisation de la construction.

L’objectif est de pouvoir proposer aux futur·es habitant·es des choix de plans compatibles avec leurs capacités financières, tout en poursuivant la recherche de solutions de financement adaptées, notamment en dehors du circuit bancaire classique.

Cette étape est déterminante : le projet doit désormais passer progressivement de la conception à la construction, tout en maintenant les principes qui ont guidé son élaboration collective.

Une cité qui se construit bien au-delà des maisons

Formation des femmes de la FSH au maraîchage et à la gestion de la pépinière par les agentes de l'IREF

À Dakar, la future Cité FSH avance donc sur plusieurs fronts à la fois. Les maisons entameront une phase opérationnelle, tandis que les espaces collectifs prennent forme à partir des réflexions menées avec les habitantes.

Cette articulation est au cœur de la démarche : habiter, ce n’est pas seulement disposer d’un logement, mais aussi pouvoir prendre part à la définition et à la gestion de son environnement.

La Pépinière communautaire en est une illustration concrète. Les usages imaginés par les habitantes et discutés en amont – notamment lors d’ateliers spécifiques et des séminaires écoQuartiers organisés de 2021 à 2024 – deviennent progressivement des choix d’aménagement ; les choix de végétalisation intègrent les enjeux climatiques et les besoins du quotidien ; et la réflexion sur la gestion future vise à créer les conditions d’une appropriation durable par la communauté.

La prochaine étape sera de transformer ces orientations en réalisations concrètes : poursuivre les plantations, organiser les activités de sensibilisation et de formation, formaliser les partenariats, finaliser les aspects techniques et financiers et, surtout, donner le coup d’envoi de la construction des premiers logements de la Cité FSH.

À mesure que le projet avance, c’est ainsi une véritable communauté qui se construit autour des logements : des espaces pensés collectivement, des ressources partagées et une capacité renforcée des habitant·es à agir sur leur cadre de vie.