Coopération internationale

Appui au programme de Gestion Intégrée des Risques d’Inondations à Dakar

Améliorer la résilience aux inondations dans la banlieue de Dakar

Dans la banlieue de Dakar les inondations se sont développées durant les trois dernières décennies du fait de plusieurs facteurs : croissance démographique et exode rural entraînant l’occupation spontanée d’anciennes zones semi-humides ; fin du pompage des nappes phréatiques pour l’approvisionnement en eau en raison de leur pollution ; fin de l’épisode de la « grande sécheresse sahélienne » des années 70 et retour progressif des précipitations « à la normale ».

La question des inondations est montée dans l’agenda politique et les réponses apportées par les pouvoirs publics se sont diversifiées : mesures d’urgence, déguerpissement et/ou recasement des quartiers sinistrés, construction de réseaux d’évacuation et de bassins, éventuellement couplés à la restructuration de quartiers informels. Plus récents, des projets de « gestion intégrée » allient la planification, la conception et la mise en œuvre d’infrastructures, ainsi que le renforcement des capacités des acteurs publics.

Néanmoins, les mesures d’appui à l’amélioration et à la reconstruction de l’habitat individuel affecté par les inondations sont rares, voire inexistantes, au Sénégal. Les projets de Gestion Intégrée des Risques d’Inondations (PING-GIRI) visent à étendre une logique d’intervention sur l’habitat (menée dans le cadre du programme de rénovation/réhabilitation de l’habitat) à la réalisation d’ouvrages communautaires co-conçus par les habitant·es, les collectivités territoriales et les services techniques de l’État.

Plusieurs projets de ce type se sont succédé depuis 2019, auxquels urbaMonde a contribué. Tout comme l’actuel projet ASG–GIRI (2024-2028), le projet PING-GIRI (2019-2023) était piloté par le Gret et financé par l’Agence française de développement — avec un complément du Fonds Eau de Lyon. À eux deux, ces projets auront couvert une grande partie des communes du département de Pikine, dans la banlieue de Dakar.

Les deux projets ont positionné urbaSEN et la FSH en tant que partenaires de terrain. UrbaSEN gère la conduite des chantiers de rénovation de l’habitat, la réalisation d’ouvrages d’assainissement et la gestion des eaux de pluie. Quant à la FSH, elle assure la sensibilisation des populations afin d’améliorer leur capacité d’action face au risque d’inondation, ainsi que la mobilisation des habitants des quartiers visés, afin d’assurer leur adhésion à la démarche et même leur participation financière au coût de certains ouvrages.

Le Gret assure le pilotage général et l’expertise en conception technique des ouvrages. urbaMonde, de son côté, assure le suivi du fonds rotatif pour la rénovation de l’habitat et la participation financière des habitants au coût des ouvrages collectifs. urbaMonde joue également un rôle actif dans l’innovation en matière d’outils numériques appliqués à ces deux projets (base de données habitant·es et cartographie, plateforme Inondations Dakar) et dans la conduite du processus de capitalisation.

À la suite du premier projet PING-GIRI et en capitalisant sur ses apprentissages, urbaMonde a pris le lead dans la conduite d’un nouveau volet de gestion intégrée du risque inondation centré sur les communes de Wakhinane Nimzatt et Ndiarème Limamoulaye, déployé de 2024 à 2026.

De manière globale, la Gestion Intégrée du Risque Inondation constitue une approche innovante à travers des mesures d’anticipation du risque d’inondation (adaptation de l’habitat, planification participative, sensibilisation et mise en place de systèmes d’alerte en amont des pluies), la réalisation d’infrastructures semi-collectives et publiques de drainage des eaux usées et des eaux pluviales, et, enfin, la pérennisation des ouvrages par une gestion durable et partagée.

Le projet est adossé au fonds rotatif de la FSH, qui finance, par des prêts, la participation financière des habitant·es aux réalisations, à l’échelle familiale comme à l’échelle des quartiers. C’est la première fois que cet outil d’épargne communautaire est ainsi mis à profit pour le cofinancement d’ouvrages collectifs et publics.

L’intérêt de cette approche réside dans le fait que, grâce à leur apport financier, les habitant·es sont pleinement associés à la prise de décision concernant les ouvrages à réaliser. Ils deviennent ainsi des acteurs à part entière du projet, en tant que financeurs et gestionnaires des ouvrages.

Dans un contexte mondial où les habitant·es des quartiers informels des grandes métropoles sont parmi les plus exposés aux risques climatiques, l’approche GIRI leur donne une place centrale en tant qu’experts de leurs quartiers, à même de contribuer activement à l’identification des problèmes, à la recherche de solutions, et à leur pérennisation.

 

Inondations-Dakar.org, plateforme libre et collaborative des inondations à Dakar

Initiée en collaboration avec urbaSEN et le GretInondations-Dakar.org permet la collecte, la classification et la mise à disposition des données publiées dans le cadre de la lutte contre les inondations à Dakar. Ceci, afin d’améliorer la qualité et la cohérence des actions menées par les différents acteurs – publics, secteur privé et société civile – dans ce domaine, et de partager les connaissances produites.

Dans le contexte des inondations, de nombreuses données sont collectées et de nombreuses recherches et publications sont menées. Malheureusement, cet important travail reste essentiellement invisible et inaccessible. Cette réalité représente une perte sèche pour les acteurs du développement et les populations.

Citation de Bocar Sy, maître de conférences à l'Université Amadou Matar Mbow stipulant que : La science citoyenne peut aider à comprendre les causes d'inondations.