Au Burkina Faso, l’association Yaam Solidarité accompagne les populations défavorisées de la ville de Boassa (banlieue de Ouagadougou) dans la réhabilitation de leur habitat, en favorisant l’utilisation de matériaux locaux et durables.
Dans le cadre du projet “Habiter et mieux vivre dans les non lotis”, financé par l’AFD et la Fondation pour le Logement des Défavorisés (FLD), et piloté par l’ONG Craterre, urbaMonde appuie Yaam Solidarité dans sa consolidation en tant qu’acteur de l’aménagement urbain et de la production de l’habitat digne et durable au Burkina Faso, dans une approche valorisant l’utilisation de matériaux locaux et durables.
Le projet a notamment donné lieu à une réflexion sur la mise en place de mécanismes financiers, fonciers et organisationnels susceptibles de renforcer la capacité des habitant·es du quartier informel de Boassa (arrondissement 7 de Ouagadougou) à approprier et à aménager leur cadre de vie.
La mise en place d’un fonds rotatif, géré par la Fédération des habitant·es du Burkina Faso, formalisé en 2020 et alimenté par l’épargne des habitant·es, est issue de ce travail.
Le projet comprend également un volet multipays, qui entend mettre en réseau les fédérations d’habitant.es existantes ou émergentes en Afrique de l’Ouest, afin de favoriser les échanges de pratiques et le plaidoyer en faveur du droit à un habitat digne dans les quartiers informels à l’échelle de la sous-région.
Au Burkina Faso, l’urbanisation non maîtrisée et le manque important de logements urbains ont conduit à une forte production informelle et une insécurité foncière marquée dans le secteur du logement. Pourtant, les politiques de logement se concentrent essentiellement sur la classe moyenne, la propriété individuelle et le secteur formel. La prise en compte des problématiques de l’habitat informel et des besoins des populations les plus démunies est quasiment inexistante dans l’action publique, à la fois nationale et locale, et les données statistiques afférentes sont incomplètes. Pourtant, d’après des données de 2018 de l’ONU-Habitat, 57 % de la population urbaine burkinabè vit dans des quartiers informels et 21 % des ménages vivent en zone non-lotie.
Avancements
En 2022, urbaMonde a participé à diverses activités du projet. En mars, une mission d’appui au partenaire Yaam Solidarité a permis de travailler avec l’équipe, de rencontrer des bénéficiaires et d’assister à des rencontres avec de nouveaux groupes d’habitants sollicitant leur intégration à la fédération.
Une rencontre multipays a également eu lieu en mars à Canchungo (Guinée-Bissau), réunissant des représentants des fédérations du Sénégal, du Togo, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry, de la Guinée-Bissau et du Burkina Faso. Cette rencontre a permis de poser les bases d’une confédération des habitants de la zone de l’UEMOA.
En septembre, une mission réunissant les représentants du groupement chargé de la mise en œuvre du projet “Habiter et Mieux vivre dans les non-lotis” s’est tenue à Ouagadougou. Elle a permis aux partenaires de travailler sur la phase finale des trois années de projet (évaluation, capitalisation) et de préparer la phase suivante à soumettre aux bailleurs (2023-2026).


