Coopération internationale

Appui au projet participatif d’amélioration de l’habitat des quartiers informels de Boassa au Burkina Faso

À Ouagadougou, l’association Yaam Solidarité accompagne les populations défavorisées dans la réhabilitation de leur habitat, en favorisant l’utilisation de matériaux locaux et durables.

Dans le cadre du projet «Habiter et mieux vivre dans les non-lotis», piloté par l’ONG Craterre, urbaMonde appuie Yaam Solidarité dans sa consolidation en tant qu’acteur de l’aménagement urbain et de la production de l’habitat digne et durable au Burkina Faso. L’amélioration de l’habitat des quartiers informels se fait dans une approche valorisant l’utilisation de matériaux locaux et durables.

Au Burkina Faso, comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique, l’urbanisation non maîtrisée et le manque important de logements urbains ont conduit à une forte production informelle et à une insécurité foncière marquée dans le secteur du logement. Pourtant, les politiques de logement se concentrent essentiellement sur la classe moyenne, la propriété individuelle et le secteur formel. La prise en compte des problématiques de l’habitat informel et des besoins des populations les plus démunies est quasiment inexistante dans l’action publique, à la fois nationale et locale. De plus, les données statistiques afférentes sont incomplètes. Pourtant, d’après des données de 2018 de l’ONU-Habitat, 57 % de la population urbaine burkinabè vit dans des quartiers informels et 21 % des ménages vivent en zones non-loties.

Le projet tente donc de répondre aux besoins des quartiers non-lotis de Ouagadougou. Il appuie notamment la mise en place de mécanismes financiers, fonciers et organisationnels susceptibles de renforcer la capacité des habitant·es du quartier informel de Boassa (arrondissement 7 de Ouagadougou) à s’approprier et à aménager leur cadre de vie par la réalisation de micro-projets participatifs, ainsi qu’à rénover leurs logements. C’est ainsi que s’opère l’amélioration de l’habitat des quartiers informels.

La mise en place d’un fonds rotatif, géré par la Fédération des habitant·es du Burkina Faso, formalisé en 2020 et alimenté par l’épargne des habitant·es, est issue de ce travail.

Vers une confédération de la zone UEMOA

Le projet comprend également un volet multipays, qui entend mettre en réseau les fédérations d’habitant·es d’Afrique de l’Ouest, afin de favoriser les échanges de pratiques et le plaidoyer en faveur du droit à un habitat digne dans les quartiers informels à l’échelle de la sous-région.

Réunissant d’abord les fédérations d’habitants du Sénégal (FSH), du Burkina Faso et de Guinée-Bissau, ainsi que leurs ONG d’appui (respectivement urbaSEN, Yaam Solidarité et Grdr), la dynamique a pris de l’ampleur et a progressivement intégré les fédérations émergentes de 5 autres pays d’Afrique de l’Ouest francophone : Bénin, Togo, Côte d’Ivoire, Mali et Niger. En mars 2022, à Canchungo en Guinée-Bissau, une première rencontre élargie des représentant·es de ces huit fédérations d’habitant·es a posé les bases d’une confédération de la zone UEMOA.

La dynamique de renforcement de cette confédération, dénommée C8, se poursuit désormais en lien avec les activités du projet, sous la direction d’urbaSEN et de la Fédération Sénégalaise des Habitants, dont le travail a été récompensé par la médaille d’or du prix World Habitat en 2023. UrbaMonde accompagne ce mouvement par un appui à la montée en compétences et la réalisation d’outils de communication et de plaidoyer pour les fédérations nationales et la confédération.
Le projet «Habiter et mieux vivre dans les non-lotis» entrera en 2026 dans sa troisième phase, financée par l’Agence Française de Développement.

 

Des personnes sont réunies sous un arbre, dans une aire de jeux pour enfants.
Visite des partenaires sur une aire de jeux réalisée dans une école de Boassa, dans le cadre du projet «Habiter et mieux vivre dans les non-lotis» — septembre 2022. Photo : Bénédicte Hinschberger
Un groupe de personnes tient une réunion, en plein air.
Les représentant·es de CRAterre, urbaSEN et Grdr, et les responsables des fédérations d’habitant·es du Sénégal, du Burkina Faso et de Guinée Bissau, en séance de travail à Boassa – septembre 2022. Photo : Bénédicte Hinschberger
Un groupe de femmes se tient dehors. Une personne en premier plan parle dans un micro.
Yaam Solidarité et la Fédération des Habitants du Burkina Faso – mars 2022. Photo : Bénédicte Hinschberger